de Josette Alberte FortLes précurseurs de l’A.S.D. (accouchement sans douleur) avaient fait l’hypothèse que la peur, à l’origine de la souffrance de l’enfantement, était liée à l’ignorance des femmes. Ils mettaient en place la préparation à l’accouchement qui, en informant les femmes, devait faire disparaître l’ignorance, la peur et la souffrance.
Depuis 1952, à la suite du Dr Lamaze en France, on informe, on prépare, les livres et les méthodes fleurissent, mais la peur et la souffrance sont toujours là.
En 1981, J.-A. Fort découvrait sur le terrain que la peur d’accoucher était liée aux dangers encourus par nos mères et nos grands-mères jusqu’à l’apparition des antibiotiques en 1950. Une recherche commençait, étayée par 25 ans de pratique d’accouchement et une formation en psychologie. La rencontre de ces deux disciplines, obstétrique et psychologie, débouchait sur la mise en évidence d’un conditionnement collectif à la peur atavique de la mort en couches.
Depuis 1950, et grâce aux antibiotiques, nous n’avons plus à poser la tragique question : la mère ou l’enfant ? Mais, enfermées dans un conditionnement collectif et infernal, accoucheurs et accouchées continuent à vivre la naissance comme avant les antibiotiques, d’où une hypermédicalisation de l’accouchement qui perpétue la peur et la souffrance, et qui grève considérablement le budget de la sécurité sociale.
La méthode Fort vise le déconditionnement à cette peur ancestrale, profondément enracinée en nous tous. Ce déconditionnement assure le maintien de la physiologie de l’accouchement et permet dans tous les cas, physiologique et pathologique, d’accueillir l’enfant dans un climat de fête.
Editions Privat, 1986