de Catherine Baker"Marie, tu as quatorze ans et j’ai pris la responsabilité de ne pas t’avoir mise à l’école. Depuis trois années à peu près, j’estime que mon rôle de tutrice est accompli et je te dois des comptes. Je n’ai pas voulu de la crèche, ni de la maternelle. Ni de l’école paternelle. D’abord parce que de fait, en dépit de la loi, elle est quasiment obligatoire. Raison suffisante. Ensuite parce qu’elle est inutile. Enfin, parce qu’elle est nuisible.
C’est un grand mystère pour moi que la volonté humaine : savoir ce qu’on veut, puis le vouloir, est-ce donc si fou ? Pourquoi partout cette vase épaisse où se débattent et s’enlisent les humains ? Qu’est-ce-que cette incapacité de bâtir une digue ferme à partir de ce qu’on connaît de son idée du bonheur ? Est-ce-que tout le monde ne se dit pas unjour ou l’autre : "Quel est mon plus grand désir sur cette terre ?" J’adorerais vivre sur une planète où les gens, enfants et adultes, chercheraient à réaliser leurs rêves. Travaillons à nos rêves, ma chérie !"
Catherine Baker a été journaliste dix ans. Elle se concacre aujourd’hui à ses livres. Elle a publié aux éditions Stock Les contemplatives et Balade dans les solitudes ordinaires.
Editions Barrault, 1985.